Marion Fritsch et les fragments du cœur

Publié le 3 janvier 2026 à 11:42

Parfois, tout commence sans plan précis. Juste une envie. Un geste. Un espace où déposer ce qui déborde.
Pour Marion Fritsch, l’écriture a d’abord trouvé refuge sur Instagram. Elle y parlait de livres, par goût, par curiosité. Puis un jour, presque naturellement, elle a osé publier ses propres poèmes. Le public a répondu présent. Immédiatement.

« Une chose en a amené une autre », dit-elle simplement.
Mais derrière cette simplicité, il y avait déjà un appel.

Les Fragments du cœur, une évidence

Son recueil Les Fragments du cœur porte un titre qui ne doit rien au hasard. Marion parle de fragments poétiques, bien sûr, mais surtout de fragments émotionnels.

« Quand un cœur est triste, il est un peu fragmenté de différentes émotions. »

Le mot épouse à la fois la forme et le fond : un recueil, non un roman, composé de textes courts, éclatés, comme les morceaux d’un cœur qui tente de se comprendre après la fêlure.
L’amour y est omniprésent. Non comme un thème abstrait, mais comme une matière vivante, traversée de manques, d’élans, de douleurs et de douceur.

« C’était une évidence pour moi. J’avais envie de créer un objet qui retranscrive toutes les émotions amoureuses au cœur d’un ouvrage. »

Écrire tard, mais écrire juste

Marion a commencé à écrire à trente ans. Sans fantasme de précocité, sans urgence de légitimité.
Les Fragments du cœur est, selon ses propres mots, son premier « vrai » livre. Les autres publications étaient des anthologies, des carnets, des formes différentes. Celui-ci, elle le revendique pleinement.

Et oui, d’autres textes sont en chemin.

Un roman pour 2026

Si la poésie reste son premier amour, Marion explore aujourd’hui un nouveau territoire. Elle travaille sur son premier roman, attendu pour 2026 aux éditions Albin Michel.

Un roman autofictionnel, poétique dans l’âme, mais ancré dans un réel social fort : l’histoire d’une classe de terminale dans une banlieue défavorisée.

« C’est un autre registre. J’espère que ça me permettra de m’inscrire autrement dans la littérature. »

Un pas de côté. Une autre manière de dire le monde.

La lumière… et la pression

Vivre de sa plume fait rêver. Marion en parle sans enjoliver.

Le côté lumineux, c’est la liberté créative, la richesse intérieure, le bonheur d’écrire sur ce qui fait vibrer.

Mais il y a aussi la réalité : la pression financière, l’instabilité, la nécessité de multiplier les activités. Ateliers d’écriture, scène poétique, interventions diverses. La littérature ne paie pas toujours bien. Elle le dit franchement.

« Sinon, tout le monde ferait ça. »

Doute, page blanche et douceur

Face aux blocages, Marion ne prône ni la violence envers soi-même ni la productivité forcée.

« J’essaie d’être douce avec moi. Il y a des moments avec, et des moments sans. Il faut l’accepter. »

Une philosophie rare dans un monde qui exige toujours plus.

Une écriture qui fait du bien

Pourquoi lire Marion Fritsch ?
Sa réponse est désarmante de sincérité :

« Je pense que mon écriture fait du bien. »

Les retours de lecteurs le confirment. Certains parlent de guérison, de réconfort, de mots qui arrivent au bon moment. C’est cela qui la touche le plus. Et qui donne du sens.

Inspirations et habitudes

Marion écrit le matin, dans les transports, parfois en musique.
La musique accompagne surtout ses textes de scène, notamment pour le Poëtry Club, collectif de poésie performée dont elle fait partie.

Côté inspirations, elle cite les poètes contemporains, mais aussi Aragon, figure tutélaire qui continue de l’accompagner.

Un conseil simple, mais essentiel

À celles et ceux qui hésitent encore à écrire, à se montrer, à se lancer, Marion n’a qu’un mot :

Oser.

Oser écrire.
Oser partager.
Oser se rendre visible.

« Il y a tellement de possibilités aujourd’hui. »

Dans quelques années, Marion se voit continuer à écrire, animer des ateliers, aller à la rencontre des lecteurs, vivre de sa plume, tout simplement. Être là où les mots circulent.

Avant de se quitter, elle sourit et conclut sans emphase :

« Vive la poésie. »

Et parfois, ça suffit pour dire l’essentiel.

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